septembre 25, 2021 12:46 PM

Les startups AgTech sont l’avenir de l’agriculture : qui y prête attention ?

En plus d'être vitale pour notre subsistance quotidienne, l'agriculture est un contributeur géant et souvent sous-estimé à notre économie. Pourtant, malgré cela, elle ne reçoit pas toute l'attention qu'elle mérite. Heureusement, il existe une poignée de startup technologiques et les organisateurs d'événements dans le monde entier s'intéressent à cet important secteur, qui est le moteur de l'innovation et nous rapproche de la prochaine grande révolution agricole.

/ Publié le février 24, 2021

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Malgré sa taille et son importance, l’agriculture et l’AgTech n’attirent pas beaucoup l’attention. Oui, elle a la capacité de capter l’attention d’un segment du public pour son image pittoresque – les marchés des agriculteurs et les façons d’antan sont les associations immédiates. Et peut-être que la plupart d’entre nous reconnaissent tacitement le rôle vital qu’elle joue dans le maintien des populations du monde. Mais lorsqu’il s’agit de son importance en tant que contributeur à l’activité économique et épicentre de l’innovation technique, elle est largement ignorée.

L’exploitation minière n’est-elle pas le moteur de notre économie ?

Lorsqu’on lui demande de citer des contributeurs importants à l’économie canadienne, l’exploitation minière se classe souvent en tête de liste pour beaucoup de gens. Et, si l’on en croit l’état de nos bourses et le flux constant de nouvelles, on vous pardonnera d’y croire aussi. Même en allant un peu plus loin que le simple volume de cotations sur les bourses publiques, on peut encore donner cette impression. Certaines statistiques sont particulièrement impressionnantes à première vue. Si l’on en croit l’Association minière du Canada, en 2018, le secteur “minier” a contribué à l’économie à hauteur de 97 milliards de dollars, soit 5 % du PIB.

Mining gets a lot of attention in Canada, but its contributions to the economy pale in comparison to Agriculture

Mais ce chiffre est quelque peu fallacieux car il inclut non seulement les activités et les services miniers, mais aussi toutes les industries qui traitent les produits de l’industrie minière proprement dite. Les produits secondaires et tertiaires comme les boîtes de conserve et les câbles électriques sont, apparemment, des produits miniers. Cela revient en fait à affirmer que le secteur agricole comprend la fabrication et la transformation de produits alimentaires, le textile, la bière, le whisky et toutes les autres industries en aval qui dépendent des produits agricoles. Mais nous savons tous que ce n’est pas ainsi que cela fonctionne.

L’industrie minière contribue toujours largement à notre économie, mais l’agriculture est beaucoup plus importante

Pour être juste, l’industrie minière est toujours un contributeur important à l’économie nationale. Mais ses contributions directes réelles – par le biais des activités et des services miniers – ne sont en réalité que de l’ordre de 30 à 40 milliards de dollars par an. Et bien que ce chiffre n’ait rien d’insignifiant, il est dérisoire par rapport à celui de l’agriculture. En 2017, l’agriculture a contribué directement à hauteur de 175 milliards de dollars, dont 65 milliards de dollars en exportations et 110 milliards de dollars en ventes intérieures.

Et ce chiffre ne devrait que continuer à augmenter à mesure que les populations s’accroissent et que les demandes imposées à l’agriculture augmentent en conséquence. La Table agro-alimentaire, par exemple, vise une augmentation de près de 30 % des ventes agricoles des producteurs canadiens entre 2017 et 2025.

Augmenter la production agricole avec des terres limitées

Étant donné que seulement 7 % des terres canadiennes peuvent être exploitées, les possibilités d’accroître la production agricole sont quelque peu limitées. Si l’on ajoute à cela l’inévitable diminution de l’augmentation des rendements agricoles, qui peut être obtenue grâce à l’amélioration des cultures et du génie chimique, l’augmentation de la production agricole commence à ressembler à un objectif ambitieux.

Cependant, l’évolution rapide des nouvelles technologies qui pourraient, à première vue, sembler en contradiction avec l’agriculture, nous rapproche de plus en plus d’une autre révolution agricole. Aujourd’hui, les progrès dans des domaines comme l’intelligence artificielle (IA) et les grandes données donnent naissance à un nouveau type d’agriculture appelé agriculture de précision, qui est presque exactement ce que son nom implique : répondre à la variabilité intra-champ avec des résolutions de plus en plus détaillées.

La dernière grande révolution agricole

La révolution verte a été la dernière grande avancée dans le domaine de l’agriculture. Cette révolution comprenait notamment des innovations en matière de génie génétique et chimique pour créer des cultures à haut rendement et les produits chimiques nécessaires à leur culture. Toutefois, cette approche reste en quelque sorte une approche unique et universelle.

Alors qu’autrefois, un agriculteur devait avoir une connaissance approfondie de chaque mètre carré de ses champs afin de maximiser les rendements, de puissants engrais chimiques, des pesticides et des semences modifiées nous ont permis de soumettre la terre. En fait, la révolution verte a tellement fait progresser les rendements agricoles que même les terres non fertiles et non cultivables étaient soudainement viables avec l’aide de rien de plus qu’un pulvérisateur de cultures.

Mais la puissance des nouvelles cultures et des produits chimiques a diminué l’importance de la connaissance intime de la terre dans toutes les pratiques sauf quelques unes, comme la viticulture haut de gamme où le concept de “terroir” a conservé son importance.

Comment la technologie peut aider à augmenter le rendement des cultures grâce à l’AgTech

Traditionnellement, le mot “terroir” est quelque peu opaque et a autant à voir avec l’art qu’avec la science. Cependant, même s’il est fondé sur des évaluations subjectives de la qualité du raisin, ses praticiens indiquent des choses objectivement mesurables. Des choses comme la variation de la composition et du drainage du sol, l’ensoleillement, l’altitude et d’innombrables autres variables qui jouent toutes un rôle dans la croissance et la maturation des raisins.

C’est le concept clé de l’agriculture de précision : les variations au sein d’un champ se manifestent par des variations dans la culture. Et cela se manifeste non seulement par des variations de goût, mais aussi de rendement et d’autres qualités objectives comme la teneur en protéines et en graisses. Ainsi, en collectant des données géoréférencées sur le terrain, un agriculteur peut gérer de manière optimale chaque mètre carré de son champ afin d’optimiser le rendement et la qualité des récoltes.

L’AgTech permet des pratiques agricoles de précision

En théorie, l’agriculture de précision peut être aussi simple qu’une carte dessinée à la main avec des notes et des observations : “côté ouest près d’un ruisseau, coin sud-ouest +2m d’altitude sur le coin nord-ouest… réguler l’irrigation pour les différences de nappe phréatique…” Mais cette approche est, au mieux, sujette à l’erreur humaine et implique beaucoup de suppositions.

C’est là que la technologie intervient. En recueillant les mesures d’instruments scientifiques calibrés ainsi que des données GPS précises, les agriculteurs sont en mesure d’obtenir des informations très détaillées et précises sur les variations d’un champ. Ensuite, en utilisant ces données lorsque vient le temps de planter, de pulvériser, d’irriguer ou d’effectuer toute autre activité dans le champ, des ajustements de la quantité, des concentrations et d’autres variables peuvent tous être faits pour adapter la gestion de chaque mètre carré de terre.

Un exemple de ce type de technologie est le Grain-Q développé par TecnoCientifica, qui permet de surveiller les cultures en temps réel et géoréférencées au moment de la récolte. En mesurant des qualités objectives comme la teneur en humidité et en protéines de cultures comme le maïs, le soja et le blé au moment de la récolte, puis en croisant ces données avec des données de localisation précises, les agriculteurs sont en mesure de cartographier avec précision les variations dans leurs champs.

Real-time monitoring at harvest time delivers improved quality, yields and ROI in agriculture.

Outre l’augmentation du rendement des cultures, la qualité et le retour sur investissement sont en hausse

Au-delà de l’augmentation des rendements et de la qualité, les technologies de l’agriculture de précision comme le Grain-Q permettent en fin de compte de réduire le coût de la gestion des terres (par exemple en permettant une utilisation plus judicieuse des pulvérisations coûteuses) et – grâce au tri en temps réel – de percevoir des primes de prix pour les parcelles de meilleure qualité. Déjà, ce type de techniques se traduit par des données concrètes, les agriculteurs augmentant leur retour sur investissement de 54 dollars par acre grâce à l’utilisation précise d’engrais azotés.

Toutefois, malgré les immenses avantages qu’en retirent les agriculteurs et la société dans son ensemble, ce secteur semble relativement peu pris en compte. Alors que le secteur minier est à un stade où les entreprises canadiennes sont prêtes à mettre en place des centres d’incubation miniers spécialisés, par exemple, très peu d’investissements du monde de la technologie font leur chemin dans les start-ups AgTech.

Les écosystèmes des startups rurales sont-ils l’avenir de l’AgTech ?

Si le monde de l’innovation technologique agricole peut rester relativement obscur, cela ne signifie pas qu’il est entièrement dépourvu de ses champions. Une organisation avant-gardiste qui fait sa part pour faire avancer ce domaine est la Startup Supercup qui se tient à Sarlat-la-Canéda, en France. Annoncée la semaine dernière, AgTech sera un des principaux centres d’intérêt de l’événement, où des entreprises et des start-ups comme TecnoCientifica présenteront des innovations qui constitueront l’épine dorsale de la prochaine grande révolution agricole.

Ce sera un événement important pour les start-ups AgTech, les investisseurs et les autres parties prenantes. Outre son emplacement idéal dans une petite ville entourée de terres agricoles, il deviendra un centre d’investissement et d’activités de mise en réseau, soutenu par les présentations de leaders du secteur comme Gustavo Caneda de TecnoCientifica, qui discuteront de l’avenir de la technologie et de l’agriculture. Il ne fait aucun doute que ce sera un domaine fascinant à surveiller car de nouvelles idées et innovations continuent d’émerger dans ce domaine.

(Image présentée par Quang via Pexels)

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