juin 25, 2022 2:46 PM

La double crise imminente de l’emploi au Canada

Alors que les sites d'information financière continuent de nous dire que tout va bien avec des chiffres d'emploi prometteurs sur la bonne voie pour la reprise. Il existe quelques tendances non mentionnées dans les chiffres de l'emploi auxquelles les entreprises doivent prêter attention. Des tendances qui peuvent avoir des répercussions durables sur la société et l'économie et qui doivent être prises en compte par les employeurs et les décideurs politiques.

/ Publié le septembre 18, 2020

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Le week-end dernier, nous avons fait le point sur la santé générale de l’économie canadienne, qui commence à montrer des signes de reprise après la récession alimentée par la pandémie de Covid-19. Cette semaine, un autre signe “prometteur” est apparu : les chiffres de l’emploi sont à nouveau en hausse, ou du moins c’est ce qui s’est passé. Pourtant, ces chiffres sont suffisamment importants pour mériter une étude approfondie.

Un examen plus approfondi des chiffres de l’emploi nous donne deux raisons de nous inquiéter. D’une part, malgré l’image positive que certains leur donnent, ils ne sont vraiment pas aussi prometteurs qu’ils devraient l’être. Surtout lorsqu’on les replace dans le contexte de la reprise générale. D’autre part, ils sont particulièrement ternes pour d’importants groupes vulnérables au sein de l’économie, notamment les femmes et les jeunes travailleurs. Ces deux “volets” de la crise de l’emploi pourraient même en alimenter un troisième, une crise de la santé mentale à laquelle le gouvernement et la société doivent se préparer.

L’ombre longue jetée par les grands nombres

Nous pourrions être tentés de voir un quart de million d’emplois créés et de faire la fête. Et si nous les comparons à la marche, nous devrions certainement le faire, mais nous ne devrions pas le faire imprudemment sans un examen critique

La bosse n’est pas si grande. Les 246 000 emplois ajoutés à l’économie en août sont significatifs. Mais ils ne représentent qu’une fraction de ce qui est nécessaire, ils représentent une baisse du taux de chômage de seulement 0,7%. Cela n’est guère digne d’être célébré dans le marécage post-pandémique de 10,3 % de chômage (il a atteint 13 % en mai) alors qu’en février, avant la crise, il était plus proche de 5,5 %.

En outre, les emplois créés semblent surtout se situer dans le secteur des services (plus de 200 000), contre moins de 30 000 dans le secteur manufacturier. Bien que cela ne soit pas surprenant, c’est inquiétant. Le secteur des services est connu pour sa moindre sécurité de l’emploi, ses conditions de travail plus mauvaises et ses salaires plus bas. De plus, ces emplois ne sont en marge que des industries clés les plus touchées par la pandémie, et principalement dans les provinces déjà riches (plus de 50 % d’entre elles se trouvent dans la seule province de l’Ontario).

Les chiffres de l’emploi n’ont pas non plus suivi la reprise économique, ce qui laisse penser qu’une grande partie de la dynamique de la reprise du PIB est concentrée dans des secteurs qui ne sont pas porteurs d’emploi. Les chiffres des finances et des investissements sont excellents, mais il est peu probable que la vie des Canadiens ordinaires et leurs revenus bénéficient d’une part égale des gains.

Qui, plus précisément, est laissé pour compte ?

Les emplois ne correspondant ni à nos espoirs, ni à la performance globale de l’économie, il y a lieu de s’inquiéter. Mais de qui devrions-nous nous inquiéter le plus ? Si nous examinons les chiffres, nous pouvons constater que le taux de chômage continue à être plus élevé que la moyenne chez les femmes, les minorités et les jeunes. Cette situation est préoccupante pour des raisons qui ne sont pas seulement égalitaires.

Les femmes ont été les plus touchées par les premiers licenciements en raison des secteurs dans lesquels elles travaillaient et de l’état de la vie familiale lors des fermetures. Le fait que leur emploi continue à être plus lent suggère une faiblesse fondamentale dans la nature de la reprise économique. Cela soulève également des inquiétudes quant aux préjugés dans les infrastructures et la dynamique de l’emploi du pays.

Le sous-emploi des minorités n’est pas nouveau non plus au Canada, et a déjà été évoqué comme un sujet de préoccupation. Ces communautés, en particulier dans les zones rurales ou les centres-villes, sont particulièrement vulnérables aux crises économiques, avec statistiquement moins de richesse sur laquelle compter. Cela signifie que le chômage risque d’entraîner une plus grande précarité dans ces communautés déjà vulnérables. Cela peut ajouter à l’agitation sociale, comme nous l’avons déjà constaté aux États-Unis, et pourrait également ralentir la reprise économique générale si certains groupes sont laissés pour compte.

Enfin, le taux de chômage des jeunes reste étonnamment élevé, supérieur de plus de 20 % à celui de février. Il s’agit là d’un obstacle majeur, car l’emploi des jeunes est l’un des meilleurs indicateurs de la réussite et de la stabilité économiques à un âge plus avancé. Les carrières doivent démarrer, mais les employeurs hésitent à prendre de tels risques, autre signe que la reprise n’est que superficielle. C’est un domaine dans lequel les entreprises pourraient faire un effort particulier, car les jeunes recrues constitueront l’épine dorsale de la main-d’œuvre de demain. Elles représentent un investissement prometteur dans le capital humain du pays et, si elles ne le font pas, une terrible déception.

Le sous-emploi et les conséquences sur la santé mentale

La lenteur et l’hésitation de la reprise, l’incertitude économique et le sous-emploi représentent un maelström de stress et d’anxiété. Cette crise de l’emploi pourrait donc avoir des effets de plus longue portée que la seule reprise économique immédiate. Elle pourrait bientôt surcharger le système de santé mentale encore imparfait du Canada.

Il est donc prometteur de voir le gouvernement et les employeurs privés prendre des mesures pour prévenir certains éléments de cette deuxième vague de crise. Le gouvernement a pris des mesures importantes pour fournir aux Canadiens les ressources dont ils ont besoin pour soutenir leur propre santé mentale. Le gouverneur de la Banque du Canada, Tim Macklem, s’est également exprimé sur les vulnérabilités de certaines communautés dans les mois à venir, et cherche à orienter l’attention et les ressources vers elles.

Le secteur privé fait peut-être une partie du problème, mais il pourrait aussi faire partie de la solution. Nous sommes donc heureux de lire que des sociétés de ressources humaines proposent des conférences sur la santé mentale sur le lieu de travail. Le secteur de la santé est également à l’origine d’importantes innovations en matière de santé mentale, qui pourraient aider les Canadiens à équilibrer le stress de la vie professionnelle et de la vie privée dans les temps difficiles à venir.

Emploi : une prise de conscience et un soutien seront nécessaires pour éviter le pire

Dans l’ensemble, les chiffres ne sont pas mauvais, mais leurs détails révèlent des vulnérabilités importantes dans la reprise canadienne. Des vulnérabilités auxquelles nous devrons tous nous attaquer ensemble en tant qu’employeurs, travailleurs, gouvernement et société. Si nous restons conscients des problèmes potentiels et évitons de nous cacher derrière des messages positifs qui les occultent, nous ferons un pas de plus vers la réussite de la reprise pour tous les Canadiens, et pas seulement pour quelques privilégiés.

(Image présentée par Saulo Mohana via Unsplash)

AVERTISSEMENT : Le présent article a été traduit de CAStocks.org par un contributeur tiers et ne reflète pas l’opinion de CAStocks, de sa direction, de son personnel ou de ses associés. Veuillez consulter notre clause de non-responsabilité pour plus d’informations.

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