juillet 28, 2021 4:46 PM

Air Canada: est-elle en train d’entrer dans une impasse ?

Lorsque la nouvelle du vaccin a été publiée, les investisseurs ont réagi fortement en faveur d'Air Canada. Du jour au lendemain, le cours de son action a bondi de près de 30 %, et il n'a cessé de grimper depuis. Puis, la semaine dernière, elle a connu une nouvelle hausse de prix en annonçant son intention d'accroître ses activités de fret. Mais avec un long chemin vers la reprise encore à parcourir et un problème persistant d'épuisement des liquidités, son cours actuel est-il trop optimiste ?

/ Publié le décembre 1, 2020

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Dès l’apparition du Coronavirus dans le monde, Air Canada (TSX : AC) a souffert de la diminution du nombre de passagers et d’un avenir incertain. Bien qu’elle ait fait tout son possible pour se doter des ressources nécessaires pour faire face à la tempête – en levant 5,5 milliards de dollars par le biais de nouveaux capitaux propres, de dettes et de financements – elle cherchait à savoir si ses réserves de liquidités étaient suffisantes. Les frontières étant fermées et la pandémie n’étant pas près de s’arrêter, même ses importantes collectes de fonds ne pouvaient garantir sa solvabilité à long terme.

Il n’est donc pas surprenant que le cours de l’action d’Air Canada ait connu une forte hausse dans l’actualité des vaccins. Après s’être négociée à un prix nettement inférieur à 20 dollars l’action pendant la majeure partie de la période qui a suivi la conférence COVID-19, et même à moins de 15 dollars l’action une semaine à peine avant la publication des informations sur le vaccin, l’action a franchi à nouveau ce seuil en une seule séance (après avoir clôturé la semaine précédente à 15,82 dollars), ce qui a été décisif. Air Canada est sortie des turbulences et est revenue dans le droit chemin.

Dans les semaines qui ont suivi l’apparition des premières nouvelles concernant le vaccin, la reprise d’Air Canada n’a guère faibli non plus. Après quelques jours de correction suite à son premier bond, elle a continué à se redresser, s’échangeant même un instant au-dessus de 25 dollars l’action vendredi dernier (avant de clôturer la journée à 24,86 dollars). Il semble que l’avenir soit prometteur pour Air Canada… ou est-ce le cas ?

Air Canada ratifie un accord avec les pilotes pour permettre une augmentation des opérations de fret

Si le retour d’Air Canada au-dessus de 25 dollars s’inscrit dans la tendance générale de ces dernières semaines, c’est l’annonce de l’augmentation de ses activités de fret qui a donné l’impulsion supplémentaire nécessaire à son dépassement. Maintenant, avec les accords nécessaires ratifiés avec ses pilotes, un poste de vice-président du fret nouvellement créé, occupé par Jason Berry, et quelques avions en sommeil qui tournent en rond, tout est prêt pour le décollage. Et tout cela juste à temps pour la ruée des fêtes de fin d’année qui exerce toujours une forte pression à la hausse sur les taux de fret.

La bonne nouvelle, c’est que l’augmentation des prix du fret parmi les compagnies de chemin de fer et les compagnies maritimes a poussé davantage de fret vers les compagnies aériennes. Ce phénomène, combiné à la diminution des vols de passagers – qui représentent une part importante de la capacité de transport de fret des compagnies aériennes -, entraîne une forte augmentation des tarifs de fret aérien.

Pourquoi ce passage massif au fret aérien si un vaccin est en cours de développement ?

Dans le meilleur des cas, c’est-à-dire si les vaccins sont efficaces et que l’immunité est généralisée dans les délais prévus, les voyages en avion ne rebondiront pas avant au moins trois ans, selon de nombreuses prévisions du secteur. Contrairement au rebond du prix des actions, qui s’est produit du jour au lendemain, l’immunité des troupeaux et le retour aux anciennes habitudes prendront des années.

Cela signifie que les compagnies aériennes sont encore confrontées à un long cheminement difficile. Si l’incertitude a quelque peu diminué, la pression sur les résultats n’a pas diminué. Sans passagers (ou une forte augmentation des opérations de transport de fret), Air Canada doit encore faire face à un important problème d’érosion des liquidités.

Et bien que ses efforts pour réduire sa consommation d’argent et augmenter ses revenus aient porté leurs fruits, Air Canada estime toujours que le taux d’absorption de ses fonds au quatrième trimestre 2020 sera de 12 à 14 millions de dollars par jour (1,1 à 1,3 milliard de dollars pour le trimestre). Elle se trouve donc dans une situation désespérée, où une baisse durable et pluriannuelle du trafic aérien pourrait bien menacer sa solvabilité.

Le fret sera-t-il suffisant pour sauver Air Canada en cas de reprise prolongée ?

Il ne fait aucun doute que la demande de fret s’est redressée alors que nous nous sommes tournés vers les achats en ligne à un rythme record. Mais les temps difficiles ne sont pas l’apanage d’Air Canada, et de nombreuses compagnies aériennes augmentent également leur capacité de fret aérien comme mesure palliative sur la voie de la reprise.

De nombreuses compagnies aériennes ont déjà retiré des sièges d’avions de passagers, les transformant ainsi en véritables cargoliers. Ce type d’activité entraîne une tendance à la hausse progressive, mais nette, de la capacité de transport de fret aérien. Malgré la perte d’espace ventral due à la diminution des vols de passagers, la capacité de fret aérien transpacifique serait déjà revenue aux niveaux de 2019.

Il ne fait aucun doute que cette tendance va se poursuivre, car de plus en plus de compagnies aériennes cherchent des moyens d’adapter leur flotte au climat actuel. Et pour l’instant, il semble que ce soit une voie particulièrement rentable à suivre ; la chute soudaine de la capacité de fret aérien au cours des six premiers mois suivant la COVID-19 a bien résisté à la saison des vacances pour ceux qui sont déjà dans le jeu du fret aérien.

Mais alors que les achats de Noël touchent à leur fin et que la capacité mondiale de fret aérien augmente, cela pourrait entraîner une chute soudaine des prix du fret aérien. Les niveaux de profit actuels des compagnies aériennes de fret sont peut-être mieux considérés comme temporaires. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien de mal à faire du foin pendant que le soleil brille, mais le fret aérien n’est peut-être pas la panacée qu’il semble être au premier abord.

Des temps difficiles à venir pour Air Canada

La reprise de COVID-19 allait toujours être une longue partie, et cela se reflétait dans le prix de l’action d’Air Canada ; très peu étaient optimistes quant à son avenir. Mais la compagnie a fait tout ce qu’elle pouvait pour remplir son trésor de guerre pour les coups portés à sa rentabilité, et a continué à réduire le gras de ses opérations.

C’est pourquoi on peut dire que ses actions ont été un bon rachat lorsqu’elles se situaient autour de la barre des 15 dollars. Bien qu’il y ait eu une incertitude quant à la date d’annonce d’un vaccin, il n’aurait pas dû y avoir trop de questions sur la question de savoir si. Des milliards de dollars ont été investis dans la recherche à l’échelle mondiale, et le fait d’être le premier à commercialiser une solution à nos malheurs n’a fait qu’encourager davantage le développement.

Dans ce contexte, il est difficile de soutenir que la valeur fondamentale d’Air Canada a changé de manière radicale avec l’annonce d’un vaccin. Qu’un vaccin soit arrivé maintenant ou dans plusieurs mois, alors que la reprise prendra des années dans les deux cas, compter les mois, c’est presque comme couper les cheveux en quatre.

Les actions d’Air Canada semblent donc moins attrayantes aujourd’hui qu’il y a quelques semaines à peine. À terme, son problème d’érosion des liquidités va de nouveau faire la une de la presse. Son entreprise de fret pourrait bien s’avérer moins rentable qu’on ne l’avait imaginé. Et, lorsque tout cela se produira, on prendra davantage conscience d’une réalité qui donne à réfléchir, à savoir que le chemin de la reprise est lent et ardu. Les premiers optimistes d’aujourd’hui vont probablement provoquer une nouvelle liquidation, et Air Canada pourrait bien redevenir une bonne affaire.

(Image présentée par Grahame Hutchison via Wikimedia Commons)

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